Il a ensuite été rejeté puisqu’il n’a pas pu réaliser le rêve de ses parents. En dehors d’être cette honte à cause de la dépigmentation de sa peau, il a encore indigné toute sa communauté en décidant de devenir chanteur. Mais toutes ces épreuves difficiles ne l’ont pas empêché de devenir ce qu’il est aujourd’hui. Elles lui ont même donné la possibilité de faire preuve d’amour et de tolérance envers ses proches et ses semblables.
Salif Keita fait partie des figures légendaires de la musique africaine. Il a forgé le paysage musical africain aux côtés de grands noms comme Manu Dibango, Youssou N’Dour, Myriam Makeba, Ismaël Lo etc. Il a également marqué le paysage musical français avec sa voix tonitruante et singulière. En dépit de nombreuses épreuves qu’il a du endurer, il est toujours parvenu à se faire une place sur la scène musicale internationale.
Descendant d’une grande famille du Mali
Salif Keita est un grand chanteur descendant d’une grande famille princière malienne. Né en août 1949 dans la ville de Djoliba, il descend directement de la lignée de l’Empereur Sundjata Keita, le bâtisseur de l’Empire malien. Keita avait une enfance très difficile en raison de sa peau différente de tous les autres enfants. Dans sa région d’origine, cette anomalie est associée à un pouvoir maléfique. Cette enfance difficile pousse donc Salif à se réfugier dans le chant. Son appartenance à une famille princière lui a aussi offert la chance d’être bercé par les contes et les chants des griots. Il faut tout de même noter que sa peau dépigmentée n’est pas seulement un handicap pour lui. Elle lui a donné la possibilité de travailler sa voix en bordure des champs de maïs. En raison de sa sensibilité au soleil, il s’est contenté de hurler pour déloger les prédateurs. Sur le plan éducatif, Keita figure parmi les plus brillants élèves de son école. Cela incite ses parents à l’orienter vers l’enseignement. Au bout de quelques temps, ce rêve de devenir enseignant s’est volé en éclat en raison de ses troubles visuels. Après avoir vu briser le rêve de ses parents, Salif Keita décide de réaliser le sien. Passionné et doté d’une voix étrange, il s’est tourné vers la musique. Cette décision a cependant indigné toute sa communauté qui considère que la musique n’est pas une vocation pour les membres de la famille princière. Après avoir été rejeté par sa famille, il était obligé de s’installer à Bamako en 1968. Par la suite, il n’a plus revu sa famille jusqu’en 1984. Ce bref retour aux sources était très bénéfique pour lui, car cela lui a permis de donner un nouvel élan à sa carrière. Après avoir passé presque toute sa grande carrière en France, Salif Keita a fini par retourner au Mali. Il s’y est installé depuis 2004 en compagnie de sa femme et de ses onze enfants.
revenir en hautUn parcours marqué par un début difficile
Après avoir pris la décision de devenir musicien et de s’installer à Bamako, Keita a rejoint le groupe appelé Rail band de Bamako. Dirigé par le saxophoniste Tidiani Koné, ce groupe se produisait tous les soirs au buffet de la gare. Avec un répertoire alliant tradition et modernité, le groupe a très vite connu un grand succès. Pour Salif, ce succès a brusquement été interrompu par l’indignation des personnes attachées à la loi des castes. Au début des années 70, son penchant pour les styles musicaux modernes européens et américains l’incite à intégrer le groupe des « Ambassadeurs ». Avec l’arrivée au pouvoir du dictateur malien en 1979, ces derniers l’amènent à Abidjan. Après quelques années de difficulté dans la capitale ivoirienne, le groupe était remarqué par un responsable de la radio. Celui-ci leur a donné une occasion de se servir d’un studio d’enregistrement. Ainsi, le groupe a pu sortir son premier album intitulé « Mandjou ». En 1980, ce premier tube mandingue de notre temps est suivi de deux autres enregistrés aux Etats-Unis : Primpin et Tounkan.
revenir en hautLa consécration d’un grand musicien
Avec le franc succès connu par les deux derniers albums du groupe, la carrière de Salif Keita prend une autre dimension. A la suite de son bref passage au Mali en 1984, il a ensuite décidé de s’installer définitivement en France. Deux années après, il enregistre son premier opus appelé Soro. Dominé par le blues et le rock, ce mélange très réussi de différents styles musicaux a été bien accueilli par le public. Son succès a permis à l’artiste d’entamer sa première tournée mondiale. En 1989, il enchaîne avec l’album assez engagé intitulé Koyan. Celui-ci est suivi d’un troisième, appelé Amen en 1991. Entre 1995 et 1997, il a enchaîné avec deux albums différents : Folon et Sosie. Ce dernier est confectionné avec des titres de grands compositeurs français interprétés avec des instruments typiquement africains. En hommage à son père mort en 1997, le chanteur enregistre un album appelé Papa en 1999. Ses deux derniers albums portant les noms de Moffou et de M’Bemba sortis respectivement en 2002 et en 2005 ont également connu un succès énorme. En décidant de s’installer définitivement au Mali, Salif ne délaisse toujours pas la musique. Il concentre ses efforts sur son action de promotion des jeunes musiciens maliens, mais surtout pour le soutien des albinos de son association créée en 2002.
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