Comme toutes les grandes stars, ils ont lutté pour trouver leur voie. Ils se sont installés à Abidjan avant de s’envoler vers Paris en 1997. Après un peu plus de six ans passés en France, ils se sont enfin vus récompenser grâce à leur travail. Le couple a remporté la Victoire de la musique, un disque de platine, et le droit de chanter l’hymne officiel de la coupe du monde en Allemagne.
Connus sous le surnom de « couple aveugle du Mali », Amadou et Mariam se font connaître vers la fin des années 90. Ce duo s’est fait remarquer pour son style résultant du mélange très réussi des musiques traditionnelles maliennes, du funky et du blues. Les deux artistes associent les sons d’un large éventail d’instruments (violon syrien, guitares,...) et les voix mélodieuses. Tous les albums du couple illustrent ces traits d’un univers musical très large.
Couple sur la scène et dans la vie
Mariam, de son nom complet Mariam Doumbia, est née à Bamako le 15 avril 1958. Elle a perdu la vue dès l’âge de cinq ans. Quant à son mari Amadou Bagayoko, il a vu le jour en octobre 1954 dans cette même ville. Identiquement à sa compagne, sa cécité n’est pas de naissance, parce qu’il n’a perdu la vue qu’à l’âge de 16 ans. Ces deux personnes ont un destin lié par la musique. Leur attachement pour le chant s’est très tôt révélé en eux. Mariam a une enfance pleine de mélodie et de chanson. A l’époque, les paroles des stars maliennes n’ont plus de secret pour elle. Cette future star note également un penchant pour les standards de la chanson française telles que Dalida, Mouskouri,... A l’âge de six ans, elle commence à chanter en public, en particulier dans les mariages ou les baptêmes.
De son côté, le jeune garçon de Bamako cherchait l’instrument qui lui inspire le plus. Après avoir découvert les percussions à l’âge de deux ans, il enchaîne avec l’harmonica et la flûte. Ce n’est qu’à partir de dix ans qu’il commence à adopter la guitare, son instrument favori. Il s’inspire des légendes comme Jimmy Hendrix, Led Zeppelin, Eric Clapton... pour travailler sa technique. Il essaye aussi de découvrir une large variété de styles sans toutefois oublier la musique malienne. En 1968, il a intégré un certain nombre d’orchestres nationaux du Mali avant de faire partie du groupe des Ambassadeurs. Il y côtoyait l’autre musicien en devenir : Salif Keita. Quelques années après avoir perdu la vue, il entre dans l’Institut des jeunes aveugles de Bamako. Il y a fait la rencontre de Mariam et le coup de foudre est immédiat. Ils ont dirigé ensemble la troupe et puis l’orchestre de l’Institut. Après avoir partagé leur passion et leur amour pendant un peu plus de quatre ans, ils ont scellé leur union en 1980.
revenir en hautD’Abidjan à Paris
En compagnie de sa femme, la carrière d’Amadou commence véritablement après avoir reçu le prix « Découverte » de RFI en 1982. Connu dans tout le Mali, le couple entame une tournée de plusieurs mois au Burkina Faso en 1985. Il décide ensuite de s’installer à Abidjan, qui est considérée comme la plaque tournante de la musique ouest africaine. Cette arrivée dans la capitale ivoirienne marque le début de leur longue ascension vers la gloire. Elle leur ouvre la voie pour une popularité planétaire, car elle offre des meilleures conditions pour l’exercice de leur passion. Avec le producteur Maïkano, le couple a pu sortir deux cassettes, Volume 1 et Volume 2, en 1988. Ils ont également eu l’occasion de se produire avec beaucoup d’artistes aussi bien locaux qu’internationaux comme Stevie Wonder. Entre 1991 et 1993, avec trois autres cassettes, le couple a conquis le coeur de presque toute l’Afrique et des Africains d’Europe.
Après leur premier séjour à Paris en 1994, ils y reviennent pour enregistrer leur premier album en 1997. Ils profitent de ce voyage pour conquérir le coeur du public français en produisant sur la scène des Transmusicales de Rennes. La notoriété du couple s’est beaucoup étendue avec la sortie de leurs deux premiers albums intitulés « Se Te Djon Ye » et « Sou Ni Tilé » en 1998. Extrait de ce dernier, le titre « Mon amour, ma chérie » a connu un franc succès, ce qui les a poussés au sommet. Par la suite, ils enregistrent successivement des albums tels que « Tjé ni mousso » et « Wati ». Auréolés de ce succès international, ils entament des grandes tournées à travers le monde. Ils sont aussi invités à se produire sur la scène des grands festivals européens et américains.
revenir en hautLa consécration en 2005 avec la Victoire de la musique
Après un peu plus de vingt ans de passion et de travail, l’heure du couple malien a fini par arriver en 2004 avec l’album : « Dimanche à Bamako ». Fruit de la collaboration avec le guitariste Manu Chao, ce disque illustre parfaitement la couleur d’Amadou et Mariam. Ecrit en français, il évoque les problèmes de l’Afrique et de la société actuelle. En 2005, il leur a permis de gagner la « Victoire de la musique » dans la catégorie World. Quelques mois plus tard, cet album leur a donné la chance d’être nominés pour le Prix Constantin. Vendu à plus de 300 000 exemplaires, « Dimanche à Bamako » amène le couple à l’Olympia en octobre 2005. Couronné de titres et de prix avec leur album, Amadou et Mariam ont été désignés pour chanter l’hymne officiel du mondial 2006 en Allemagne. Après cet album qui marque leur consécration, le couple en a encore sorti un autre avant celui qui vient juste de sortir cette année.
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