La cruralgie ou inflammation du nerf crural se manifeste par des douleurs des membres inférieurs

Pour comprendre les manifestations et les causes d’une cruralgie ou douleur du nerf crural ou nerf fémoral, une petite leçon d’anatomie s’impose. Le nerf crural est formé par des racines nerveuses qui prennent naissance au niveau des vertèbres lombaires. Si la racine sort entre les 3è et 4è vertèbres lombaires, on parle de racine L3 tandis que la racine L4 naît entre les 4è et 5è vertèbres lombaires. Le nerf pénètre ensuite dans le petit bassin pour atteindre la cuisse. Le nerf crural assure l’innervation de l’avant de la cuisse. Si les racines nerveuses ou le nerf lui-même souffrent, la cruralgie apparaît

La cruralgie et la sciatique sont très difficiles à différencier puisque dans les deux cas, les causes sont pratiquement les mêmes et les douleurs touchent les membres inférieurs. Seuls, les trajets des nerfs permettent de faire la distinction entre les deux pathologies. En termes plus simples, la sciatique provoque des douleurs de la partie postérieure des membres inférieurs tandis que la cruralgie intéresse la partie antérieure et elle apparaît en général après la cinquantaine.

Pour mieux déterminer la cruralgie

La douleur est le signe majeur de la cruralgie à laquelle s’ajoute une diminution de la sensibilité de la région touchée. Une lésion de la racine L3 entraîne une douleur de la partie haute et externe de la fesse qui s’étend vers la partie antérieure de la cuisse et la partie interne du genou. Quand la racine L4 est en cause, la douleur intéresse le bas de la fesse, la partie externe de la cuisse, le dessus du genou et peut atteindre le dessus du pied. La douleur est d’apparition brutale, intermittente, exacerbée par l’effort mais calmée par la position debout ou allongée. Elle est souvent déclenchée en position assise lors d’un trajet en voiture.

A l’examen clinique, le médecin décèle une diminution voire une abolition du réflexe rotulien

la percussion du tendon sous-rotulien n’entraîne aucune réaction de la jambe. Deux examens cliniques permettent d’orienter le diagnostic vers une cruralgie. Tout d’abord, il y a le signe de Lasègue inversé c’est-à-dire une douleur ranimée par une extension forcée de la jambe, le patient étant allongé sur le ventre. Le deuxième examen est le signe du crural qui est une douleur réveillée par une extension de la cuisse quand le genou est en flexion. Chez l’homme, la cruralgie peut entraîner une augmentation de volume des testicules qui sont douloureux à la palpation.

La cruralgie est due à une souffrance ou à une compression des racines nerveuses L3 ou L4 ou du nerf crural lui-même. La première cause est une hernie discale : entre deux vertèbres est intercalé un disque qui joue le rôle d’amortisseur, quand ce disque est fragilisé, une partie peut faire saillie en dehors de l’articulation et entraîner une compression des racines nerveuses. D’autres affections sont incriminées dans le processus de la cruralgie telles que la fracture vertébrale, les tumeurs localisées sur le trajet du nerf, le rétrécissement (sténose) du canal rachidien, l’abcès au niveau du bassin, les arthroses, les infections diverses, le kyste, etc. On distingue même des cruralgies idiopathiques ou des cruralgies dont les causes sont inconnues, qui régressent même sans traitement au bout de quelques semaines.

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Comment traiter une cruralgie ?

Le traitement d’une cruralgie ne diffère guère de celui d’une sciatique c’est-à-dire douleur calmée avec des antalgiques, administration d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ains) relayés par des corticoïdes s’il n’y a pas de contre-indications (diabète, maladies mentales, ostéoporose, etc.). En cas d’échec, le médecin peut procéder à une infiltration de corticoïdes avec injection au siège même de la douleur. Cette opération ne doit jamais être pratiquée en première intention.

L’ostéopathie donne souvent de très bons résultats à condition d’être pratiquée par un professionnel. La mésothérapie, injections multiples de doses infimes d’un médicament au niveau de la région douloureuse, est également très efficace sous réserve de ne pas utiliser de médicaments à base de corticoïdes, à ne pas confondre avec l’infiltration. La chirurgie est notamment indiquée dans le cas des tumeurs. Chez certaines personnes, la douleur est d’emblée très intense presque insoutenable qu’il faut recourir directement à la morphine sans passer par les différentes étapes classiques du traitement.

Quand la cruralgie apparaît insidieusement et de façon progressive, en cas d’agressions légères du nerf, la rééducation des membres inférieures prime sur les autres traitements, surtout chez les personnes âgées. Cela vient du fait que la douleur incite ces personnes à mettre au repos leurs membres inférieurs entraînant inévitablement une fonte musculaire, responsable d’une perte d’autonomie le plus souvent irréversible.

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Soigner la cruralgie, l’inflammation du nerf crural
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