Il faut connaître la crise américaine des « subprimes » pour avoir une idée de ce qui se passe en France. Les « subprimes » sont des crédits hypothécaires utilisés principalement pour acheter des propriétés, dont le fonctionnement a posé du problème par le fait que les banques américaines accordaient ces crédits à toutes les personnes sans s’assurer si elles pouvaient les rembourser. Le résultat a été des propriétés impayées en masse, ce qui a obligé plusieurs banques à déposer le bilan. De nos jours, tous les systèmes financiers sont plus que jamais interdépendants, ainsi la crise américaine a également affecté beaucoup de banques françaises. Ces dernières ont supprimé ou ont modifié les crédits qui permettent d’acheter une maison. Un autre facteur est la baisse constante du pouvoir d’achat ces dernières années, les citoyens n’ont plus confiance en l’avenir, aussi ils ne prennent pas des crédits de longue durée tel que l’immobilier.
Des données alarmantes
On estime que l’immobilier a perdu entre 15 et 20 % de sa valeur entre 2007 et 2009, les prix ne cessent de baisser et pourtant, on constate paradoxalement une hausse constante dans les prix de location, ce qui met en évidence que la crise du logement et la crise immobilière sont deux choses différentes. La première est liée au fait du manque d’investisseurs étrangers qui sont prêts à construire des logements en raison de la fiscalité qui est l’une des plus lourdes en Europe. La deuxième est la frilosité des banques, elles veulent conserver leurs liquidités et leurs meilleurs actifs. Elles attendent également la fin de la crise pour proposer des formules de crédits équivalents. On ne peut être que stupéfait par les données de la crise du logement, on estime que les prix des locations ont augmenté d’environ 85 % depuis les années 80. Si on considère une immigration de plus en plus importante et le manque de construction, on peut craindre que la tendance à la hausse ne soit pas près de s’inverser. La majorité des personnes achètent leurs propriétés à crédit, si ces derniers deviennent plus difficiles à obtenir, le marché entre en récession avec toutes les conséquences sociales que cela implique. D’autres types de crédits mettent également en danger la filière telle que les crédits-relais. Ces derniers permettent de vendre leur maison pour en acheter une nouvelle, la banque garantit l’emprunt de la nouvelle propriété en exigeant que l’ancienne habitation soit vendue dans un délai déterminé. Il peut arriver que l’ancienne maison ne soit pas vendue dans le délai imparti avec le risque que la personne peut perdre ses deux habitations. La raison est que les intérêts sont parfois si élevés qu’ils sont l’équivalent du prix de l’ancienne maison, alors que l’emprunt pour la nouvelle reste toujours à payer. La personne risque de se retrouver dans un endettement dont elle ne pourra plus sortir.
revenir en hautLa spéculation et ses conséquences
Au début des années 1990, l’État s’est retiré progressivement de l’immobilier, cela a entraîné une spéculation sans aucun contrôle dans le prix des terrains et des propriétés. La bulle immobilière a atteint son plus haut niveau entre les années 1995 et 2005, les spéculateurs tablaient sur une hausse constante des prix, mais la bulle atteint toujours un seuil critique où elle doit crever. Le réveil a été dur pour beaucoup de personnes, cela a infirmé la décision de retrait de la part de l’état dans la gestion de l’immobilier. L’un des effets pervers de la spéculation est qu’il favorise uniquement la classe aisée parce qu’elle peut acheter les logements les plus luxueux. Ainsi, la construction de logements sociaux et de centres d’assistance a été mise de côté avec des conséquences dramatiques pour les plus démunis. De nos jours, l’État essaie de règlementer le droit au logement, on constate certains progrès, mais il reste beaucoup à faire pour que tout le monde puisse bénéficier d’un logement à un prix raisonnable.
revenir en hautQuelles perspectives pour l’avenir ?
On peut souligner que les raisons sont nombreuses et profondes pour la crise immobilière en France. Il faudra obligatoirement que l’État intervienne pour résoudre le problème. Des lois, telles que le droit au logement, garantissent une certaine sécurité, mais il y a toujours un écart entre l’adoption et l’application de la loi. La fiscalité doit être également révisée pour permettre aux investisseurs immobiliers de construire en toute compétitivité. Les propriétaires sont les plus concernés, certains ont économisé toute leur vie pour acheter leur maison et ils peuvent tout perdre du jour au lendemain à cause des fluctuations de la monnaie sur les marchés bancaires. Malgré tous ces problèmes, les experts prédisent une reprise vers la fin de l’année 2009. Dans ce perspectif, il est possible de profiter de la crise en apportant les solutions nécessaires pour rétablir au mieux la situation dans l’avenir.
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